L’une des mesures phares du président Macron était la hausse de la CSG, une mesure qui inquiète de nombreux retraités. Qu’est-ce que la CSG ? Quel est le montant de la hausse prévue ? Quels retraités touchera-t-elle ?

La CSG passée au crible

La CSG est une taxe qui est prélevée sur les salaires, les revenus des fonctionnaires, les primes, les bénéfices agricoles et les bénéfices industriels et commerciaux. Elle s’applique également aux revenus de remplacement comme les allocations chômage, dans certains cas, les pensions d’invalidité et bien entendu les pensions de retraite. Elle est destinée à financer la protection sociale. C’est ce que l’on considère comme un impôt proportionnel contrairement à l’impôt sur le revenu qui lui est progressif.

La CSG s’applique également sur les revenus du capital comme les gains de l’assurance-vie, les dividendes, les intérêts des livrets qui ne sont pas exonérés ou les revenus fonciers. Le taux de la CSG appliqué sur la retraite varient en fonction des différents types de revenus. Il est de 6.6% sur 100% du montant brut de la pension. On parle alors de taux normal. Mais les retraités, dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 10 996 euros pour une part fiscale, sont exonérés de CSG. Le taux réduit à 3.8% est appliqué pour les revenus ne dépassant pas 14 375 euros pour une part fiscale.

Quel est le montant de la hausse prévue ?

Emmanuel Macron avait annoncé une hausse de 1.7 point de la CSG. Il avait également précisé qu’un retraité sur deux ne serait pas concerné par cette hausse. Ainsi le taux normal de la CSG serait de 8.3% au lieu de 6.6%. La CSG est prélevée directement, ainsi la mesure impacte directement à la baisse le montant de la pension nette, versée aux bénéficiaires. Cette baisse se traduirait par un manque à gagner de trente euros environ dans le cas d’une pension mensuelle d’environ 1 800 euros, base et complémentaire.

Ce montant restera tout de même inférieur à celui qui est appliqué sur les salaires. Il passerait dans le cadre de la réforme de 7.5% à 9.2%. Cette réforme concernant les retraités ne concernerait d’après les annonces faites durant la campagne que les retraités payant la CSG au taux plein. Le taux réduit et l’exonération ne devraient pas changer.

Comment se justifie cette augmentation ?

La hausse de la CSG devrait permettre de financer le coût induit par la suppression des cotisations salariales de chômage et de maladie. La grande idée sur laquelle repose la hausse consiste à penser qu’il est préférable que la protection sociale soit moins financée par des cotisations liées aux revenus du travail. La CSG étant appliquée sur tous les revenus : retraite, chômage, revenu salarié, etc., elle serait considérée comme un impôt plus juste.

Partant de ce principe, on peut considérer que pour les salariés, la hausse serait équilibrée grâce à la baisse des cotisations. Les retraités eux seront mis à contribution et devront faire un effort de solidarité pour soutenir ceux qui sont en activité. La retraite étant déjà une période de la vie parfois très difficile pour bon nombre de personnes, la hausse de la CSG est mal acceptée par les retraités qui la trouvent injuste.

Elle devrait être mise en place progressivement à partir de 2018, puisque la majorité En Marche est parfaitement en accord avec cette mesure. Il faut noter que le ministre de l’Économie s’était prononcé avant de rejoindre le gouvernement en faveur d’une baisse de la CSG. Il ne reste plus qu’à savoir comment la mesure sera accueillie par le Conseil Constitutionnel.